L'estate, alle quattro del mattino
dura ancora il sonno d'amore.
Sotto i boschetti svapora
la sera di festa odorosa.
Laggiù, in quel vasto cantiere
al sole delle Esperidi,
- scamiciati - sono già operosi
i Carpentieri.
Calmi, in questi Deserti di Muschio,
approntano pannelli preziosi
dove la città
dipingerà cieli finti.
Per la bellezza di questi Operai
soggetti a un re di Babilonia
ah, Venere! lascia un istante gli Amanti
anime trionfanti incoronate.
Tu Regina dei Pastori
porta l'acquavite ai lavoratori,
la loro forza si plachi nell'attesa
del bagno in mare a mezzogiorno.
Arthur Rimbaud
da Una stagione all'inferno, ES, Milano 1996,
trad. it. di Cosimo Ortesta
*
À quatre heures du matin, l'été,
Le sommeil d'amour dure encore.
Sous le bocages s'évapore
L'odeur du soir fêté.
Là-bas, dans leur vaste chantier
Au soleil des Hespérides,
Déjà s'agitent - en bras de chemise -
Les Charpentiers.
Dans leurs Déserts de mousse, tranquilles,
Ils préparent les lambris précieux
Où la ville
Peindra de faux cieux.
Ô, pour ces Ouvriers charmants
Sujets d'un roi de Babylone,
Vénus! quitte un istant les Amants
Don't l'âme est en couronne.
Ô Reine des Bergers,
Porte aux travailleurs l'eau-de-vie,
Que leurs forces soient en paix
En attendant le bain dans la mer à midi.
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